ITW throwback : quand j’ai rencontré Big K.R.I.T.

J’ai eu la chance de pourvoir interviewer ce grand MC et producteur en… 2012 ! C’était grâce à et en binôme avec mon poto sûr Yann Cherruault (IHH.com, Paris Tonkar et beaucoup +… si vous avez connu le fanzine The Truth c’était lui et c’était incroyable !), avec qui nous avons d’ailleurs de beaux projets liés à LZO dans un futur proche ^^. L’interview n’étant pas trouvable en ligne, on l’a ressorti pour vous.

BIG K.R.I.T.

Phénomène apparu au fin fond du Mississipi il y a 7 ans, Big K.R.I.T. a connu une impressionnante montée en puissance jusqu’à sa signature avec le label culte Def Jam en 2011. Cumulant avec brio les casquettes de MC subtil et de producteur prolifique, il a d’abord assommé la concurrence avec sa phénoménale constance qualitative, ses textes poignants et offert des mixtapes mythiques telles que « K.R.I.T. Wuz Here ». « Live From The Underground », son 1er album officiel, plante un nouveau jalon dans une carrière qui n’a pas fini de réserver de bonnes surprises tant K.R.I.T. déborde de talent et de générosité.

iHH™ : Après une belle série de mixtapes, ton 1er album officiel chez Def Jam ne déçoit pas. Peux-tu résumer l’aventure underground qui t’a mené dans une prestigieuse multinationale ?

BIG K.R.I.T. : À partir de la fin 2009, j’ai eu l’opportunité de travailler avec Jonny Shipes (le responsable du Cinematic Music Group et de Creative Control – NDLR) et c’est là qu’on a commencé à penser à faire un album. J’avais fait 3 clips avec sa structure vidéo Creative Control : « Hometown Hero », « Children Of The World » et le « King Freestyle ». Ça m’a permis de me retrouver sur tout un tas de blogs et dans la foulée, on a sorti « K.R.I.T. Wuz Here » en mai 2010. C’est vraiment à ce moment-là que les labels se sont penchés sur mon cas. Sha Money XL a fait part de son désir de me signer chez Def Jam car il était convaincu par la dynamique que nous avions créée en indé. Le deal s’est conclu et ce qui est génial, c’est qu’il m’ont accordé le contrôle total de ma créativité. Bien que je sois contractuellement lié à une major et qu’en découlent quelques contraintes « techniques », j’ai pu faire l’album comme bon me semblait. De la même façon que quand j’ai enregistré des mixtapes comme « K.R.I.T. Wuz Here », « Return 4Eva » ou encore « 4Eva N A Day », j’ai fait ce 1er album tout naturellement, avec une audience qui ne cessait de croître et de s’intéresser à ce que je fais. C’est fantastique quand les choses se passent ainsi.

iHH™ : Et avant ça, qu’est-ce qui t’a fait basculer dans l’activisme hip-hop ? Tu avais des frangins ou des sœurs là-dedans, des potes ? Ta famille était très branchée musique ?

B.K. : Comme plein d’artistes en fait, j’ai commencé par des freestyles au coin de la rue. J’avais envie de participer à des battles pour me faire une notoriété. C’est comme ça que ça a commencé. Quand j’étais jeune, j’écoutais beaucoup les Geto Boys, 2Pac, Biggie Smalls… Quand tu écoutes Biggie, ça te donne une bonne idée de la cadence du flow. Ça t’apprend à bien te placer pour tuer l’instru. 2Pac, ce sont surtout ses poèmes qu’il a adaptés en chansons qui m’ont marqué. Le son californien m’a beaucoup influencé également dans mon travail de compositeur, avec sa capacité à intégrer des samples d’artistes comme SOS Band, Funkadelic ou encore Parliament… Dans mon bled, les radios jouent de tout et mes références ne se limitent pas à une scène underground locale. Ça allait de Nas à Ice Cube en passant par Jaÿ-Z, E-40, Three 6 Mafia… Mais mes premiers souvenirs musicaux, c’est avec ma grand-mère. Elle était une immense fan de BB King et elle écoutait aussi beaucoup de gospel. Autour de moi, les gens écoutaient plein de styles de musique finalement et j’allais souvent dans des disquaires comme Good Vibration et F.Y.E. où j’ai pu également découvrir plein de choses. Aujourd’hui encore, il y a des choses que j’ai découvertes il y a des années, des samples de soul notamment, que j’incorpore dans mes instrus. Faire de la musique, ça a été pour moi l’opportunité de parler de ma vie et de développer mes propres instantanés sur ce qui m’entoure, mes proches et le Mississipi notamment.

iHH™ : Avec quel type d’équipement as-tu commencé à créer tes premiers instrus ?

B.K. : C’est avec une PlayStation, en utilisant le logiciel « MTV Music Generator » (logiciel de l’éditeur anglais Codemasters – NDLR). J’étais jeune, j’avais aux alentours de 13 ans, et je ne pouvais pas me permettre d’acheter du vrai matos. Mais je kiffais ça. Je jouais à un jeu vidéo et je créais de la musique en même temps (rires) ! Après ça, je suis passé au logiciel FruityLoops (également connu sous le nom de FL Studio – NDLR) et ensuite à Reason (édité par Propellerhead – NDLR) que j’utilise toujours aujourd’hui. Il m’est facile de créer des musiques maintenant car je sais exactement sur quels types de beats je veux rapper. Ça rend les morceaux très cohérents car je commence par l’instru, puis j’écris le refrain et enfin je fais les couplets.

iHH™ : À tes débuts, tu as tenté de placer tes instrus puis tu t’es décidé à les utiliser toi-même pour pouvoir commencer à vivre un peu de ton art. C’est ça ?

B.K. : J’ai commencé par rapper. Par la suite, j’ai vendu un peu de musique avec des refrains car jusqu’à ma signature avec Def Jam, c’était ma seule source de revenus. Par chance, à chaque fois que je commençais à ne plus avoir de fric, quelqu’un se pointait avec un besoin d’instru, voire de morceau complet. Le truc vraiment intéressant, c’est que comme les demandes étaient très diverses, du truc le plus hardcore au plus pop, ça m’a permis d’être très polyvalent et de vraiment comprendre comment produire tous styles d’instrus.

iHH™ : Pour « Live From The Underground », ton 1er album officiel, tu as dû te soumettre aux règles en vigueur au sein de l’industrie du disque et notamment celle qui restreint au maximum l’usage de samples dont tu étais pourtant friand… Ça t’as été simple de mettre le holà sur l’utilisation de boucles ?

B.K. : En fait, c’était un peu la seule option. Il est fréquent de ne pas retrouver qui est l’éditeur du morceau quand c’est un vieil enregistrement un peu obscur ou que l’auteur de l’œuvre originale n’aime pas ce que tu as fait de sa composition et ne souhaite pas que tu l’utilises… J’ai testé d’autres choses en faisant en sorte que le résultat puisse faire penser que des samples ont été utilisés alors que c’est joué. Il y a donc beaucoup plus d’instruments qu’avant et des voix originales. Avoir depuis toujours utilisé des samples m’a beaucoup apporté et finalement permis aussi de m’en passer. Pendant la conception de l’album, j’ai manqué parfois de temps pour faire valider des samples et il m’a fallu passer à un plan B et créer une musique de A à Z. pour mon prochain album, je m’y prendrai plus tôt et je prendrai en charge l’aspect administratif de ces autorisations. Souvent, en discutant directement avec l’artiste ou le compositeur du morceau que tu souhaites utiliser, les choses se passent tout naturellement. Avec ce 1er album officiel, j’ai vraiment appris comment appréhender l’usage des samples dans les règles officielles.

iHH™ : Tu as impressionné pas mal de monde avec tes différentes mixtapes. Que souhaitais-tu prouver avec « Live From The Underground » ? Tu voulais monter d’un cran avec tes textes, tes musiques ?

B.K. : Pour moi, c’était d’abord montrer que je n’avais pas changé. J’ai toujours rappé à propos de ma vie et ma musique sera toujours faite de ces ingrédients, de cette âme. En même temps, je ne reste pas statique et notamment en ce qui concerne la composition musicale de mes morceaux où je suis passé à un stade supérieur. Je me suis aussi appliqué à compiler ce qui avait le plus plu dans mes précédentes mixtapes afin de concentrer les meilleurs ingrédients dans l’album. Je ne force aucun trait pour autant, cet album reflète ma vraie vie.

iHH™ : Un des points forts de tes mixtapes et de ce nouvel album, c’est effectivement cette capacité à incorporer ta propre vie dans tes textes. C’est une caractéristique que tu apprécias peut-être chez les artistes qui t’ont inspiré quand tu étais plus jeune ?

B.K. : Je veux vraiment sortir des morceaux auxquels les gens peuvent s’identifier. Je veux que mes morceaux soient atemporels comme ceux de Curtis Mayfield ou de Willy Hutch. Ils ont créé des morceaux bien avant que je naisse mais ils me parlent toujours. J’aspire à ce que mes morceaux aient cette même durée de vie. Évidemment, j’aime aussi faire la fête, mais je veux autant faire passer le bon que le mauvais qui traversent mon existence. Il est important d’être un artiste équilibré qui propose toutes les facettes de la vie.

iHH™ : « Live From The Underground » est cependant globalement moins personnel que beaucoup de morceaux-phares de tes précédentes mixtapes. On retrouve néanmoins des titres très forts comme « Rich Dad, Poor Dad », « If I Fall » ou « Praying Man » avec B.B. King qui indiquent effectivement que tu ne voulais pas démarrer ton contrat en major avec la futilité habituelle qu’on nous sert…

B.K. : Les gens me connaissent comme quelqu’un qui apporte une musique avec du fond. Pour cet album comme pour les mixtapes précédentes, j’ai mis ce qui me passait par la tête. « Rich Dad, Poor Dad » fait référence à mon père qui a eu une forte influence sur ma vie. Il m’a donné beaucoup de bons conseils et ce morceau me permet de mettre en lumière ce père exemplaire qui, à défaut d’être riche, m’a énormément apporté pour appréhender le monde. Quelles que soient nos situations, il faut toujours s’efforcer d’avoir une influence positive sur nos enfants en étant des modèles à suivre pour qu’ils évitent les écueils de la société de consommation capitaliste. « If I Fall » est un morceau que j’avais en stock depuis un moment et qui traite de l’appui que tu peux attendre ou non de ceux que tu aimes ou crois aimer. Encore aujourd’hui, je ne suis pas totalement sûr de ma musique et savoir que ta famille par exemple pourra de ramasser si tu échoues, et vice versa, c’est vraiment apaisant. « Praying Man » est un morceau très important pour moi. Il aborde le racisme qui est un problème qui n’a toujours pas disparu. J’ai trouvé intéressant de rassembler plusieurs générations en mettant B.B. King au refrain. Ça donne un efficace mélange de blues et de hip-hop. Pour ce texte, je me suis désincarné pour prendre le point de vue d’un esclave, tantôt dans un bateau de négriers, tantôt pourchassé par des racistes qui veulent le lyncher.

iHH™ : Ce besoin de rappeler un aspect très douloureux de l’histoire de l’Humanité et des USA en particulier s’est-il imposé à toi parce que les Américains se satisfont souvent du divertissement qu’on leur sert pour oublier toutes les erreurs du passé qui se répètent…

B.K. : Je trouve important que la musique puisse rappeler aux auditeurs d’où ils viennent, d’où nous venons, par où nous sommes passés. Encore aujourd’hui, il y a partout des gens qui perdent leur vie pour la liberté que nous avons acquise. Je voulais rendre hommage à tous ceux qui ont permis d’obtenir tous ces fragiles acquis sociaux dont nous bénéficions aujourd’hui dans nos pays. Des morceaux comme ça remettent aussi en lumière des problèmes qui n’ont pas été éradiqués et notamment le racisme rampant.

iHH™ : Travailler avec l’appui de Def Jam, cela t’a-t-il permis d’éviter des écueils ou cela a-t-il juste ralenti et alourdi le processus créatif ?

B.K. : J’ai d’abord signé avec le Cinematic Music Group avant d’intégrer l’écurie Def Jam. J’ai eu une liberté de création totale pour cet album et j’ai même pu le composer intégralement comme je l’entendais. On ne m’a pas imposé tel ou tel compositeur à la mode. Ils ont eu confiance en moi et me permettent de solidifier et de développer ma base de fans. Ils m’ont permis de prouver que j’étais capable de produire entièrement un album. Peu de gros labels t’offrent cette possibilité.

iHH™ : Et tu souhaites continuer à t’autoproduire intégralement ?

B.K. : Pour mon 2nd album, ce n’est pas sûr. Il est très difficile quand même sur la durée de pouvoir être créatif. Collaborer avec d’autres producteurs pourrait m’être bénéfique dans le futur.

iHH™ : Tu es un gros fan de légendes du son sudistes comme 8Ball & MJG ou encore les Underground Kingz (UGK). De quelle(s) façon(s) t’ont-ils influencé ? Qu’est-ce qui t’a le plus marqué dans leur discographie ?

B.K. : Comme eux, je conçois une musique honnête avec moi-même et ce qui m’entoure. Ils m’ont donné la fierté d’être du Sud et de m’en revendiquer dans mes morceaux. Les UGK étaient de Port Arthur, une petite ville texane, et grâce à leur musique, ils t’embarquaient chez eux. Musicalement, il y avait aussi un swing particulier, une grande qualité de production, de choix de samples, de sons de caisses claires…

iHH™ : Justement, 8Ball & MJG sont sur ton album, comme Bun B des UGK… Ça a eu une signification particulière de collaborer avec eux pour ton 1er album officiel ?

B.K. : Oui, je voulais vraiment les honorer en montrant aux auditeurs qui m’avait influencé. Beaucoup des légendes vivantes du Sud m’ont montré beaucoup d’affection au début de ma carrière. Ça s’est imposé naturellement de bosser avec eux, c’est un honneur. Ils ont inspiré tout le monde dans le Sud et je veux vraiment que les gens récupèrent leurs CD’s et écoutent leur musique. En tant que producteur, c’était très excitant de travailler avec eux et dans la vie, ce sont de super types qui t’en apprennent énormément sur l’industrie du disque et ses pièges. Avec Bun B, David Banner et les autres, on parle autant de la vie que de bonnes options à suivre pour un morceau ou pour un contrat.

iHH™ : Avec des artistes comme toi, Curren$y ou encore David Banner, tu sens que le regard des gens sur la scène hip-hop du Sud des USA est en train d’évoluer ?

B.K. : Totalement ! Mais je pense aussi que notre région est reconnue depuis un moment comme un coin qui regorge de bons textes. Si l’on prend UGK, 8Ball & MJG, Scarface, Goodie Mob, OutKast…, il y a toujours eu de bons textes dans le Sud et j’espère également apporter ma pierre à l’édifice. Avec mes morceaux, je veux mettre le Mississipi à sa place et le sortir des stéréotypes dont il est la victime. Il y a plein de choses qui se passe au Mississipi et mon album n’en est qu’une infime partie.

iHH™ : Est-ce que le label t’a poussé à insister sur des refrains davantage chantés, une pratique que tu n’utilisais pour ainsi dire pas sur tes mixtapes ? Ou est-ce aussi une envie assumée pour ne pas louper des passages en radios ?

B.K. : Oh non ! Le truc marrant à ce propos, c’est qu’un morceau très accrocheur comme « Porchlight » avec Anthony Hamilton, c’est juste que je voulais absolument faire un morceau avec lui. Je voulais que ça sonne très soul pour lui. Ce n’est d’ailleurs pas la première fois que je collabore avec des chanteurs de R&B. J’aime vraiment ça. Mais comme tu le disais, aujourd’hui ma carrière me permet de toucher ces artistes. Avant, je ne pouvais pas et je devais chanter les refrains tout seul comme je le fais aussi dans cet album sur « Don’t Let Me Down » ou sur le morceau de clôture. C’est une bonne chose que je puisse impliquer des artistes de talent, ça rajoute de la vie à mon disque. Mon but premier n’a jamais été d’ouvrir la porte des radios mais je suis conscient que à ce stade, je me dois de proposer des morceaux qui plaisent en clubs, aux radios et passe bien sur scène. Je ne ferai jamais un de ces singles spécialement calibrés pour les radios mais je ne m’interdis pas d’enregistrer des morceaux qui ont l’énergie suffisante pour être poussés en clubs ou en radios par le label. Si des radios passent mes morceaux, très bien, mais je ne me force pas à faire des morceaux spécialement pour ça. Et j’ai toujours considéré qu’il était aussi très important de faire de la musique qui claque quand tu la passes dans la sono de ta voiture. Je ne suis pas du Sud et américain pour rien ! On passe beaucoup de temps dans nos bagnoles.

iHH™ : Tu as testé la bonne tenue de « Live From The Underground » dans des sonos de voitures pour ciseler ses instrus ?

B.K. : Absolument ! Je fais ça tout le temps, avec de vieux potes ou des artistes que je côtoie souvent. Ça permet de bien prendre la mesure de la vibe qui s’extrait des sonos. Si tout sort avec ampleur dans une voiture, si tu peux entendre les basses, les voix, en général c’est que le mix est bon et compatible avec les clubs. DJ Wally Sparks a souvent la primeur de ce que j’enregistre. Il écoute beaucoup de musique et il comprend ce qui fonctionne ou pas. Pour cet album, j’ai également essayé de penser à la scène, un critère que je prenais peu en considération auparavant. Pour les concerts, il faut des morceaux qui ont beaucoup d’énergie et que les gens ressentent mes morceaux aussi bien dans un club, sur scène que chez eux ou à la radio.

iHH™ : Avec la sortie de cet album, tu es souvent sur les routes pour de la promo ou des concerts. Est-ce que ça implique que ces prochains mois tu ne sortiras pas de mixtapes ?

B.K. : Je vais commencer sous peu quelque chose. Mais avant ça, j’aimerais vraiment avancer le projet commun que j’ai avec Yelawolf. Il y a quelques autres artistes pour lesquels j’aimerais produire également. En tournée, il est difficile d’être très créatif mais avec un mini studio, j’essaye de créer quelques beats et quelques refrains par-ci par-là. Entre maintenant et mon prochain album, je sortirai diverses mixtapes et autres, c’est une certitude. Et peut-être quelque chose d’ici la fin 2012 ce qui me permettra de redémarrer ma créativité et penser aux thèmes et concepts de mon prochain album.

iHH™ : Tu as sorti énormément de morceaux via tes mixtapes avant ton 1er album. Y en a-t-il qui, à tes yeux, ont une valeur encore plus remarquable que les autres ?

B.K. : Dans mon album, il y a évidemment « Praying Man ». Sinon, avant ça, il y a « Children Of The World ». Il y a aussi « I Don’t Wanna Be Another Naive Individual… » qui est sur « Return 4Eva »…

iHH™ : Tu es rentré 5e des ventes aux USA avec ton 1er album. C’est comment la vie d’un artiste devenu grand public avec la présence des médias, des fans ?

B.K. : Tout se passe bien parce que je mets en avant ma vraie vie. Les gens qui aiment ma musique m’abordent facilement et je ne suis pas en décalage avec ce que je raconte. Je fais de la musique pour accompagner les gens, les aider. C’est ce qui compte le plus pour moi. Pour moi, « Live From The Underground » est un jalon, un aboutissement en major après lequel je courais depuis que j’ai 13 piges. Je suis vraiment comblé.

iHH™ : Ça te fait quelque chose de faire désormais partie de la famille Def Jam aux côtés de tous les classiques que ce label a sortis depuis la fin des années 80 ?

B.K. : Il y a 2 ans, si tu m’avais dit que je signerais avec ce label, je ne t’aurais jamais cru. Def Jam a accompagné toute l’explosion du hip-hop et c’est la preuve que certaines grosses structures peuvent accompagner ta carrière sans dénaturer qui tu es et d’où tu viens. Venir aux côtés de la longue liste de grands maîtres et de pionniers du hip-hop avec mon album, c’est phénoménal. Beaucoup de gens ont accès à ma musique et même des grands comme Nas apprécient ce que je fais. C’est inespéré !

Interview et traduction : Laurent MEMMI et Yann CHERRUAULT

Discographie

2012 : « Live From The Underground »(Cinematic/Def Jam/Universal)

Mixtapes

2012 : « 4eva N A Day »(Cinematic/Def Jam/Universal)

2011 : « Last King 2: God’s Machine »(Cinematic)

2011 : « Return Of 4Eva »(Cinematic)

2010 : « K.R.I.T. Wuz Here »(Cinematic)

2009 : « The Last King »(K.R.I.T.)

2008 : « See Me On Top III »(K.R.I.T.)

2006 : « Hood Fame »(K.R.I.T.)

2009 : « See Me On Top II »(K.R.I.T.)

2009 : « See Me On Top »(K.R.I.T.)

Laisser un commentaire